Site officiel de la mairie de Melle en Deux-Sèvres

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Estampe Châtillon

L'important patrimoine bâti de Melle constitue un héritage de la riche histoire de la ville, traversant les siècles et les époques.

Naissance de la ville

L’implantation romaine, malgré quelques trouvailles archéologiques (en particulier un trésor de 884 monnaies découvertes au Champ Persé), n’a pu à ce jour être précisément définie. Le promontoire calcaire a servi d’assise aux premières habitations médiévales de Melle. Qualifié de Vicus sur les monnaies mérovingiennes puis de Castrum dans les chartes du Xe siècle, le bourg s’est développé grâce à ses mines d’argent et de plomb situées le long de la Béronne, dans des excavations naturelles agrandies lors de l’extraction. Ces mines, sans doute découvertes dès l’époque romaine ont été exploitées pendant tout le Haut Moyen Age, en particulier par les Carolingiens. Elles sont nombreuses sur tout le versant ouest de la vallée (on en recense 17). Les ouvriers de ces mines ont probablement habité sur place, dans le bas de la vallée. Atelier monétaire des rois francs, le bourg a dû prendre de l’importance puisque les normands jugèrent bon au IX° siècle, de l’envahir et le piller.

L’époque féodale

Au Xe siècle, MELLE a été le siège d’un comté puis rentra dans la hiérarchie féodale. Dès 950, on mentionne l’existence d’un lieu fortifié, motte castrale (avec une tour) entourée de palissades de bois. Fin XIe, le donjon sur motte a été abandonné au profit d’un second château construit à l’emplacement de l’actuelle place Bujault. Il était constitué d’un donjon rectangulaire à trois contreforts et entouré d’une enceinte flanquée de tours.
Ce château fut démoli en 1577. En 1779, il a été rasé pour constituer une vaste esplanade, l’actuelle place Bujault (sur les dessins de Mr. de Blossac, intendant de Poitou)
Des fortifications sont reconstruites à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècles et enserrent la ville haute. Ces fortifications, au pied de l’escarpement, protègent les accès depuis la vallée de la Béronne et du Pinier. Côté Nord (le plus vulnérable), le château barre la crête du promontoire. Au pied de la ville, trois faubourgs se sont développés (Saint-Pierre, Saint-Hilaire, Fossemagne).
Dans ce bourg important, de grandes abbayes royales (Saint-Maixent et Saint-Jean d’Angély) ont fait construire des édifices religieux de qualité. Le premier construit est un oratoire (mention en 945) dans le faubourg Saint-Pierre (l’église Saint-Pierre actuelle est construite durant le premier quart du XIIe siècle).
L’Eglise Saint-Hilaire est mentionnée vers 1080. L’édifice actuel est reconstruit au XIIème siècle.
L’Eglise Saint-Savinien a été construite en deux campagnes (fin XIe et début XIIe siècles). Elle servait de « succursale » à l’église Saint-Hilaire.
Après la bataille de Poitiers en 1356, MELLE devient anglaise. Reprise par Jean de Beaumont en 1372, elle fut rattachée à l’apanage du Duc de Berry.
A partir du XVe siècle, le bourg semble avoir une certaine importance. On y entrait par trois portes : Saint-Hilaire, Fossemagne et Saint-Pierre.

L’époque moderne

Au milieu du XVIe, de nombreux Mellois se convertissent à la religion réformée. Au cours des Guerres de Religion, Melle fut maintes fois attaquée et passa des mains des catholiques aux mains des protestants, à plusieurs reprises. Le 25 mars 1577, les catholiques la conquièrent et les murailles sont détruites.
Accompagnant la révocation de l’Edit de Nantes (1685), les dragonnades font fuir les protestants hors des frontières du royaume. Un quart de la population quitta alors Melle. De 381 feux vers 1680, la ville passe à 277 au recensement de 1688.
Au XVIIe siècle, mal remise de cette perte de population, la ville va perdre de son influence. Peu d’industries (sinon les tanneries situées sur la Béronne), une fonction commerciale limitée, font du petit bourg un endroit paisible. Sa situation à la croisée des chemins permet le maintien d’activités liées au passage (auberges, hôtels).
Lors de la Révolution, la population de Melle choisit le camp révolutionnaire et constitue lors des guerres de Vendée, un bastion bleu. Deux jeunes Mellois, les frères Aimé, engagés volontaires en 1793, finiront même généraux de la Révolution puis de l’Empire. Ce républicanisme, très lié au protestantisme, est à l’origine d’un vote à gauche sur la longue durée.Le découpage administratif fait alors de Melle un chef lieu d’arrondissement (jusqu’en 1926).

Les XIXe et XXe siècles

L’agriculture reste l’activité principale de la commune durant tout le XIXe siècle. En 1801, la ville compte six tanneurs, des fabricants d’étoffes de laines, cinq couteliers. En 1832, 683 hectares sont en terres labourables, soixante-seize en prés, quinze en pâtis et quatre-vingt dix neuf en bois. Le système d’enclos domine, supprimant le libre parcours. A cette époque, sous l’impulsion d’agronomes (comme Jacques Bujault "l’avocat laboureur"), l’introduction de nouvelles cultures fait évoluer l’agriculture.
Le commerce de Melle redevient florissant grâce à ses marchés et à ses foires.  Melle est le centre d’un puissant élevage mulassier, ses foires renommées entraînent la vente et l’exportation des mulets dans toute l’Europe et principalement en Espagne.
En 1872, la ville compte des artisans commerçants (27 %), des ouvriers du bâtiment (20 %), des employés (15 %), des professions libérales (7 %). Le caractère urbain de ce bourg (environ 2700 habitants) traduit son rôle de chef lieu sur la campagne environnante. Le désenclavement (route nationale Niort-Limoges en 1838 – voie ferrée en 1885 Niort-Ruffec) profite au commerce local.
L’éclatement du bourg médiéval (voir plan ci-joint) se fait rapidement. En 1770, la place Bujault est créée, ouvrant à l’urbanisation toute une partie de la ville. Début XIXe siècle, les trois portes sont détruites. Des plans d’alignement sont créés. Celui de 1844 (géomètre Denellier) modifie profondément la ville : la rue des Fontaines est percée, la place Robert est créée. Les grands édifices publics sont bâtis, le tribunal, l’école Jules Ferry, le collège (actuel lycée), le château d’eau (1896), la halle (1903), la poste, les abattoirs, le château d’eau et la Mairie (1865).
Plans d’alignement et édifices publics changent l’aspect de la ville. Ses maisons à pans de bois sont remplacées peu à peu, pour des raisons de voirie. L’architecture classique des édifices publics change la morphologie urbaine de la ville médiévale.

L‘expansion de la ville au début du XXe siècle

Le développement de Melle et de son habitat depuis plus d’un siècle sont étroitement liés à l’installation d’une usine chimique. D’abord sucrerie-distillerie à partir des années 1870, elle se transforme lors de la guerre 1914 - 1918. L’usine de Melle est mise au service de l’effort de guerre et développe une chimie dérivée de l’alcool puis de plus en plus complexe (un laboratoire de recherche est créé en 1920). Dès1912, des logements ouvriers sont construits pour l’usine rue Fossemagne. De 1930 à 1960 de nombreux logements et lotissements sont construits au Rond-point du Tapis Vert et à la Rolande. Pour les cadres de l’entreprise des maisons anciennes sont rachetées et d’autres construites à partir de la fin des années 30, en particulier rue du Tapis Vert.
L’expansion de la ville amorcée dans la première moitié du XIXe au Nord, se poursuit au début du XXe avec la construction de lotissements, d’abord dans la rue du Tapis Vert et à proximité de l’usine, à la Rolande, puis dans toute la zone entre la rue de la Foucauderie et la Route départementale 950.

 

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